Bonjour
Dans cet article, j’ai décidé de faire simple en répondant à une seule question : pourquoi je n’utilise pas Letterboxd ? Vous n’avez pas l’habitude d’introductions si courtes. Pourtant, la question se suffit à elle-même. Moi qui aime les films et les séries, on m’imaginerait bien sur Letterboxd… et pourtant.
Letterboxd, le réseau social des cinéphiles
Depuis 14 ans, des cinéphiles y publient leurs avis sur des films. Beaucoup s’en servent comme d’un moyen d’obtenir des avis populaires, un peu comme on le faisait avec AlloCiné avant. La popularité du réseau social a explosé pendant le Covid. Les gens étaient enfermés chez eux et n’avaient rien d’autre à faire que regarder des films et partager leurs avis. À cela, la plateforme a ajouté un abonnement et un service de streaming. En 2024, elle comptait 17 millions d’utilisateurs… et je n’en fais pas partie.
Mon rapport au cinéma
Pendant longtemps, je ne notais rien. Il faut le dire : je ne regardais pas grand-chose. Quand j’étais petit, j’adorais la saga des Gendarmes avec Louis de Funès. Pendant une grande partie de mon enfance, ma culture cinématographique tournait donc autour des films de De Funès. Quand j’ai commencé à me diversifier, je regardais souvent les mêmes choses, car je visionnais les cassettes et les DVD que je possédais. Parfois, je tombais sur de nouveaux films à la télévision.
Le fait est que, pendant longtemps, quand on me parlait de cinéma, j’oubliais les mauvais films et n’avais qu’une trentaine de bons titres en tête.
Quand je me suis retrouvé au lycée, j’avais beaucoup de temps libre. Je regardais en moyenne cinq films par jour, et parfois d’autres à la télévision le week-end. Voir autant de films, c’est compliqué à cause « du catalogue ». Rapidement, j’ai commencé à retomber sur les mêmes œuvres. J’ai donc créé mon premier tableau Excel avec les noms des films que je visionnais, pour éviter les redites. Ce fichier était assez utile, car à cette époque, pour voir autant de films, je me rabattais sur les films d’horreur. Ceux-ci sont si peu chers à réaliser et ont si peu de scénario qu’on en trouve une vingtaine de nouveaux chaque mois. Le reste était comblé par les nouvelles sorties et les documentaires. Cependant, les films d’horreur ont tous le même scénario, aussi prédictible que vide. Ce système a donc commencé à devenir compliqué.
L’évolution de mon fichier Excel
J’ai commencé à modifier mon fichier Excel en 2018. Je l’ai rendu plus complet. L’idée était que, si on me demandait une recommandation, je puisse répondre en un clin d’œil. À partir de ce moment-là, mon fichier comportait deux colonnes : les noms des films et des notes rapides sur mon avis. Je surlignais ensuite chaque film en vert, jaune ou rouge, selon mon opinion.
Ce fichier est devenu très utile par la suite, quand j’ai eu une petite amie qui aimait regarder des films avec moi. Si, au début, elle appréciait mes recommandations, elle a rapidement voulu voir aussi les films que je trouvais moyens ou mauvais, une fois qu’elle a réalisé nos différences de goûts1. J’ai donc partagé le fichier avec ma petite amie, et une nouvelle colonne est apparue pour ses avis. Petit à petit, mon tableau a grandi pour inclure des colonnes pour mes amis. Nous avons ainsi obtenu un très gros tableau.
Finalement, mes amis ont perdu l’intérêt pour ce tableur, et moi, j’ai perdu l’intérêt pour mon ex-petite amie. À cette époque, je ne partageais donc plus mes avis. Il faut dire que je ne regardais plus beaucoup de nouveaux films. Je n’avais plus le temps dans la journée, et le soir, je regardais la télévision ou jouais aux jeux vidéo. Le fichier Excel allait de ce fait tomber dans l’oubli.
La découverte de MediaTracker
Plus tard, alors que je m’intéressais de nouveau aux séries, une connaissance (qui se reconnaîtra et qui est très soucieuse de sa vie privée) m’a expliqué qu’elle souhaitait quitter Letterboxd (que je ne connaissais que de nom) pour une alternative plus privée. En discutant, nous nous sommes mis en quête d’une plateforme auto-hébergée pour noter nos films. Nous avons trouvé MediaTracker. Nous en avions testé d’autres, mais celui-là nous a séduits. Personnellement, j’ai toujours aimé sa facilité d’utilisation et son côté très « complet ». J’y ai retranscrit une partie de mon tableau Excel et j’ai commencé à l’alimenter.
Plus tard, j’ai acquis mon petit serveur domestique. J’y ai donc déplacé mon MediaTracker. J’ai découvert, grâce à Docker Compose, la facilité de déploiement2. J’ai ensuite appris que je pouvais le connecter à mon Jellyfin, lui-même connecté à Sonarr. Tout a commencé à s’emboîter dans une sorte d’écosystème.
Pourquoi j’aime tant MediaTracker ?
Certes, il n’est pas très beau. Mais il est simple à utiliser et complet. J’ai l’impression qu’on a amélioré mon Excel. MediaTracker gère les séries, les films, les jeux et les livres3. Les données des films et séries proviennent d’IMDb et de TMDB. J’ai découvert que, si une fiche était incomplète, je pouvais la modifier sur TMDB, ce qui aide tout le monde. Il en va de même pour les livres, qui sont référencés sur Open Library. Quand je regarde quelque chose qui n’est pas dans MediaTracker, je crée la fiche ou j’en complète une existante. Le seul manque est de ne pas pouvoir ajouter des médias qui ne passent pas par ces plateformes. Mais j’aime ce système collaboratif. J’aimerais cependant pouvoir forcer la mise à jour des images des fiches côté client.
Pour la notation, nous avons une échelle de 1 à 5 ★. Moi qui notais avec trois couleurs sur mon Excel, on m’a donné deux choix de plus : c’est énorme. Je peux ajouter des commentaires comme sur Excel, mais en plus détaillés, car ils ne sont pas limités à une case. Enfin, il y a le calendrier et son intégration. MediaTracker propose un calendrier des films et séries à venir que j’ai sélectionnés. Mieux encore, grâce à son intégration, il m’envoie des notifications pour me prévenir. Il ne manquerait plus qu’il communique avec Sonarr et Radarr pour que ce soit parfait.
Pourquoi pas Letterboxd ?
Cet article ne doit pas vous expliquer pourquoi j’utilise MediaTracker, mais pourquoi je n’utilise pas Letterboxd. Pour tout vous dire, au cours du dernier mois, on me l’a demandé trois fois. D’habitude, je répondais simplement que mon système me convenait très bien. Techniquement, c’est vrai : MediaTracker joue le rôle de son ancêtre Excel. Il me sert à noter les films que je vois pour savoir, en un instant, ce que j’en avais pensé si on m’en parle.
Les gens comprennent mal que je me moque du côté social de mes critiques. Je note pour moi, pas forcément pour les autres. De plus, si je veux l’avis de quelqu’un sur un film, je lui demande directement. Letterboxd ne m’attirait donc pas plus que ça, car j’avais l’impression que c’était surtout une plateforme pour frimer en disant : « Regardez comme j’ai vu plein de films et comme j’ai un avis sur tout. »
Comme il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, j’ai voulu donner sa chance à Letterboxd. La première chose qui m’a fait grincer des dents, c’est son manque de complétude. Mon système sur mon serveur référence tous les films, toutes les séries, tous les jeux vidéo, tous les livres et tous les audiobooks. Là, j’avais une plateforme qui ne proposait que des films. Cela m’attriste de savoir qu’en allant sur Letterboxd, je ne peux pas dire que j’ai aimé Lost.
Le côté « social » ne me plaît vraiment pas, car il y a un côté élitiste dans la communauté que je n’aime pas. Il suffit de taper « Letterboxd » sur Google pour tomber sur un article d’un macroniste qui paie l’abonnement à la plateforme. Cela m’a rappelé Twitter, mais rempli de cinéphiles méprisants.
J’ai découvert que je pouvais importer mes données en CSV. Il m’aurait donc fallu exporter ma base de données, ce qui n’est pas difficile.
En revanche, Letterboxd n’est connecté à rien. Rappelez-vous : mon MediaTracker est connecté à mon Jellyfin, il note donc automatiquement ce que je regarde. Entre ce problème de connexion et l’absence des autres médias, je me suis dit que je n’avais pas le choix de le garder. Il me suffirait de trouver un moyen de connecter l’API de mon MediaTracker à celle de Letterboxd pour poster automatiquement. J’ai découvert avec horreur que l’accès à l’API m’était impossible. Il faut faire une demande par e-mail, et ils précisent bien qu’ils ne garantissent pas l’accès.
Ma solution aurait été de créer une application qui exporte ma base de données en CSV chaque jour pour que je l’importe manuellement sur Letterboxd. Mais là, j’en ai eu marre. Je ne pouvais rien automatiser, alors que j’avais un système qui fonctionnait déjà bien tout seul. On me proposait d’aller sur une plateforme largement moins complète que ce que j’avais déjà. Tout ça pour rejoindre un groupe de gens qui ne m’intéressent pas et qui font des listes de films comme s’ils étaient des génies de la thématique. Tout ça pour éviter de répondre par « oui » ou « non » à la question : « Tu as vu ce film ? »
Ma solution : une plateforme personnelle
Je me suis donc dit que si les gens voulaient mes avis, ils suivraient mes règles : celles de l’automatisation. J’ai créé ma propre plateforme pour héberger mes avis sur mon site. C’est un projet simple en PHP, et je dois avouer que l’IA est très pratique pour compléter mon code. Son fonctionnement est très basique. De temps en temps, un script de ma confection copie la base de données de mon MediaTracker. Il la nettoie pour enlever les éléments inutiles et mes informations personnelles4, puis l’upload sur le serveur web. Sur ce serveur, le site utilise cette base de données pour afficher mes avis et ce que j’ai vu.
Certes, la plateforme n’est pas parfaite. Comme la base de données a été conçue pour MediaTracker, il y a parfois un peu de lag. Et visuellement, il y a des choses à revoir. Mais comme je l’ai créée, je l’améliore progressivement. Le plus dur, c’est que je dois réécrire mes avis sur les films pour les rendre lisibles aux autres.
Conclusion
À la question initiale, je répondrai que je n’ai pas Letterboxd, d’une part parce que je me moque des avis des autres sur cette plateforme, et d’autre part parce que j’ai bien mieux à la maison… et que j’en suis même assez fier. Alors, si vous êtes intéressé par mes avis, vous savez désormais où les trouver :



Commentaires sur l'article
Petit test. 10 secondes. Pas plus.
Ne descends pas tout de suite.
Pense à UNE personne en qui tu as totalement confiance.
Un seul nom.
Tu l’as ?
Voici ce qui est surprenant : la plupart des gens ne pensent pas à la personne la plus brillante, la plus drôle ou la plus puissante — mais à celle qui a été là dans un petit moment précis.
Pas un grand discours.
Pas un cadeau.
Pas un geste spectaculaire.
Juste une présence simple. Fiable. Répétée.
On se souvient rarement des grandes promesses.
On se souvient presque toujours des petites preuves.
Si un nom t’est venu immédiatement, envoie-lui ce message avec seulement deux mots :
“Merci pour toi.”
Et si ce test t’a fait réfléchir — transfère cet email. Quelqu’un d’autre doit peut-être penser à la même personne.
@Thibaut Henry Le Maillot ça va Thibaut ?