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Les dynamiques des relations à trois

Les dynamiques des relations à trois

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Votre mere sur goldenlib.fr

Bonjour,

Autour de mes 15-16 ans, j’ai commencé à m’intéresser au fonctionnement des groupes de 3 personnes. Récemment, je suis retombé sur mes notes et mes expérimentations de cette époque. Pendant environ 3 ans, j’ai pris des notes et j’en ai tiré des conclusions. Après les avoir relues naguère, je vous informe que c’est incompréhensible. J’ai donc décidé de faire cet article pour essayer d’expliquer et de comprendre mon analyse des relations sociales à 3 personnes.

Le modèle : noyau et branches

Dans mon analyse originale, j’identifie un membre noyau. Le membre noyau est celui qui est à la source de la relation. Je décris les relations comme des branches qui sont reliées au noyau. Le noyau n’est pas l’élément central ou le plus important : c’est seulement l’élément qui crée une connexion entre les 2 éléments branches. De plus, cette description, que j’appelle celle de la relation, est plus un aperçu d’un moment de la relation. La relation peut aussi être durable ou non.

Dans cette situation, le noyau doit conserver des relations égales avec les deux branches pour préserver la relation. Mais dans le cas où il y aurait un déséquilibre, une branche va se casser. Dans ce genre de relation, il y a une forme de jalousie latente. Si une branche se sent défavorisée par rapport à l’autre, cette jalousie va alors fleurir. Dès lors, on peut avoir 3 situations :

Les trois scénarios possibles

Rupture : La jalousie et la rivalité

La branche défavorisée va alors essayer d’inverser la tendance. Les efforts vont être remarqués par l’autre branche, qui va alors essayer de garder sa position dominante de favori. Dès lors, on aura soit une inversion, soit une rupture d’une branche, comme nous le disions précédemment. Une branche peut alors se résilier en se disant que ça ne vaut pas la peine, par exemple.

Dans ce cas, on peut assimiler cette situation à une jalousie fraternelle, telle que décrite par Alfred Adler dans son travail sur la rivalité entre frères et sœurs pour les ressources parentales.

Exemple concret :
Dans une famille, l’aîné (élément 1) peut haïr son cadet (élément 2) parce que ce dernier monopolise l’attention des parents (noyau). L’aîné peut alors essayer de « casser » le lien entre le cadet et les parents (scénario 1). S’il échoue, il fera preuve de résilience en faisant une croix sur l’amour de ses parents.

Stabilisation : L’équilibre rétabli

Lorsqu’on stabilise la relation, le noyau rétablit l’équilibre. Dans ce cas, la jalousie peut disparaître ou repasser en situation d’inactivité. Dès lors, tout va bien, et la situation peut se maintenir jusqu’à une prochaine crise. La situation semble rester stable un temps, mais au bout de quelque temps (qui peut se compter en jours comme en années), une autre crise va mener à l’un des deux autres cas.

Si on considère que le noyau est un élément central, on peut dès lors relier cette situation à la théorie de l’attachement de Bowlby. La situation de jalousie latente est alors un reflet des dynamiques de rivalité et de rejet. Dès lors, les efforts des branches sont comme des comportements d’insécurité.

Exemple :
Deux enfants (branches) rivalisent pour l’attention d’un parent (noyau). Si l’un des enfants se sent négligé, il peut développer de la jalousie ou, au contraire, chercher à s’allier avec l’autre enfant pour essayer de lui être égal.

Contournement: L’exclusion du noyau

À un certain moment, si les deux branches n’ont plus d’animosité, elles peuvent alors considérer que la source du problème est le noyau. Dès lors, le noyau est vu comme un obstacle dans la relation. Les deux branches vont alors se lier directement, puis essayer de retirer le noyau de leur relation. Dès lors, les deux branches vont créer une relation sans intermédiaire. Soit le triangle tient, soit la relation va être brisée. Dans tous les cas, avec cette solution de contournement, le noyau n’aura plus le rôle de noyau : il sera soit « intégré » comme une branche, soit exclu de la relation.

On peut voir l’exclusion comme une forme de triangle dramatique de Karpman. Ce modèle, en psychologie transactionnelle, décrit trois rôles : persécuteur, victime et sauveur. Dans ce modèle, les deux branches peuvent alors rejeter le noyau.

Exemple :
Dans un groupe d’amis, deux personnes (branches) finissent par exclure un troisième (noyau) en se disant qu’elles n’ont pas besoin de lui. Leur lien devient alors « pourri », car basé sur l’exclusion plutôt que sur une vraie complicité.

Des dynamiques universelles ?

Cependant, ces dynamiques ne s’appliquent-elles pas à tous ? Elles ne semblent pas être universelles. Les adultes matures (ou les enfants plus âgés) ont souvent des relations plus stables, où la cohabitation (plutôt que la rivalité) est possible. On voit fréquemment les rivalités disparaître avec la maturité. Certaines personnes évitent les conflits et privilégient la coopération (ex. : les « médiateurs » en psychologie).

Pourtant, il y a aussi des contextes où certains scénarios sont plus fréquents que d’autres, ce qui parais montrer que cette mécanique est inévitable. Par exemple, dans les cultures collectives (ex. : Asie), l’harmonie du groupe prime sur l’individu, ce qui réduit les dynamiques de rivalité (scénario de rupture). À l’inverse, dans les relations professionnelles, la hiérarchie peut limiter le rejet du noyau (scénario de contournement), car les éléments dépendent du noyau (ex. : un manager).

De plus, il paraît qu’il y ait des profils qui sont plus susceptibles d’être concernés par ce modèle. Par exemple, les enfants en bas âge ou les adolescents (en crise d’identité) sont plus susceptibles de tomber dans ces scénarios. Mais il semble y avoir également des stéréotypes sociaux en jeu. Exemple : les hommes sont souvent perçus comme des « leaders » dans les groupes mixtes. Il y a donc fréquemment des noyaux composés d’hommes.

Conclusion

Je ne pense pas avoir inventé de nouvelles choses. Quand on prend du recul, cela ressemble à la théorie des réseaux sociaux de Granovetter. Cette dynamique explore comment les liens entre les branches et le noyau évoluent (renforcement, rupture ou transformation). Cependant, je trouve ça drôle de voir comment j’analysais cette dynamique en étant petit.

J’ai étrangement continué à me servir de ce modèle pour analyser toutes les formes de trio que j’ai rencontrées. J’utilisais cette analyse pour mes cercles amicaux, afin de comparer la jalousie de mes amis. Plus tard, j’ai utilisé cette analyse pour comprendre pourquoi les trios finissent toujours par mettre un membre de côté. J’ai même utilisé cette analyse dans des cas plus connus. Par exemple, la transformation du trio MiniProd en duo WankilStudio.

Maintenant, je pourrai enfin supprimer mes notes qui datent de tant d’années. En tout cas, si je n’ai pas révolutionné la compréhension du monde, j’ai compris une chose : il y a beaucoup de choses qu’il vaut mieux ne pas faire à trois.

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