GoldenLib.fr

  • Accueil
  • Blog
    • Aventure Pingouin
    • Fiction
    • Informations sur le site
    • Minecraft
    • Numérique
    • Politique
    • Télévision
    • Santé
    • Non classé
  • Fougère
    • Laucher Aventure Pingouin
    • Thread twitter
    • Glossaire
    • Mes avis médias
  • À propos
  • Contact
goldenlib.fr
"Golden j'en ai un peu marre des remarques désobligeantes que tu fais envers une grande partie du staff continuellement."
  1. Accueil
  2. Numérique
  3. Texte principal

L’IA ou le miroir déformant du capitalisme

20 mai 2026 1Points de popularité 0Commentaires

Bonjour,

À l’heure où les détracteurs et les enthousiastes de l’IA disent un peu tout et son contraire sur le sujet. On se retrouve tous un peu au milieu, sans savoir quoi en penser. J’ai parlé à plusieurs reprises d’Intelligence artificielle, que ce soit pour aborder des questions politiques ou de surveillance. Cependant, j’avoue avoir toujours évité de donner mon avis sur l’économie. Pourtant, il ne faudrait pas. En effet, grâce à l’IA, je pense qu’on peut se demander si, finalement, celle-ci n’est pas la limite du capitalisme.

L’IA, un produit du capitalisme : entre fantasme et mensonge

Pour commencer, quand on parle d’IA, je parle évidemment des LLM génératifs. Et, d’une certaine façon, devoir le préciser montre un peu où on en est. Le capitalisme a créé « l’IA », c’est-à-dire un fantasme. Pendant des dizaines d’années, quand on parlait d’Intelligence Artificielle, on imaginait une sorte de programme capable de réflexion complexe, de pensée, de décision. Or, dans les LLM, tout cela n’est qu’un effet de surface. Cependant, les entreprises de LLM ont réalisé que vendre le fantasme était plus simple. Certains appellent ça du « marketing ». Grâce à cela, on a réussi à vendre un mensonge. On a réussi à faire croire au monde qu’une base de données de mots était une super-intelligence. Sans entrer dans les autres considérations, je pense qu’un produit vendu entièrement sur du mensonge est profondément immoral.

Et quand on parle de LLM, la morale est cruciale. Dès sa source, on peut se poser des questions. Les LLM sont entraînés sur des textes. Beaucoup n’y voient pas de problème et expliquent qu’il y a « un flou juridique ». En réalité, une fois de plus, il n’en est rien. Techniquement, le droit couvre déjà le tout avec « les droits d’auteur ». Cependant, personne ne semble avoir intérêt à appliquer la loi. Dans la logique capitaliste, certains sont toujours au-dessus des lois. Comme l’IA a réussi à être vendue comme l’avenir, il est impensable de lui faire respecter les lois d’aujourd’hui.

De fait, les gouvernements, qui fantasment sur la compétitivité, ferment volontiers les yeux sur le délit. Et pour les victimes ? Aucun recours. Pour une action en justice, il faudrait prouver la violation du droit d’auteur. Mais les modèles sont tellement fermés qu’il est impossible de le faire sans une intervention des autorités (qui ne font rien, comme on l’a vu). De fait, l’IA, en plus d’un questionnement éthique, est aussi un problème juridique, puisque l’on viole la loi allègrement pour « le Progrès ».

L’IA, une bulle spéculative ?

Ailleurs, on se demande si l’IA ne serait pas une forme de bulle spéculative. Mais je pense que la question est mal posée. L’IA nous fait nous demander si elle n’est pas simplement une autre bulle spéculative. Finalement, dans l’économie spéculative, tout n’est que des bulles spéculatives. Les détracteurs aiment le rappeler, car ils fantasment sur l’idée de la voir éclater. Les amateurs aiment consolider les parois en séduisant plus de riches pour oublier qu’ils sont prisonniers de la bulle.

De fait, l’IA nous montre un cas concret de ce que fait le capitalisme dans les secteurs d’activité. Si le secteur était un bateau, ce serait un bateau en train de couler. La mer est remplie de bateaux dans le même cas. Mais le bateau continue d’avancer. Car le capitaine arrive à faire croire à des gens que la cargaison est importante et que le bateau doit continuer d’avancer. Cela permet d’obtenir plus de seaux pour écoper. Puis, un jour, un bateau similaire arrive, il demande moins de seaux. Alors, on laisse les plus exigeants couler, avec des salariés qui se retrouvent à se noyer dans l’océan capitaliste.

La standardisation et l’illusion du monopole

Mais si l’IA est en train de couler continuellement, comment peut-elle survivre à tout ça ?
Internet a apporté une forme de libéralisme très poussé dans les services numériques1. Le truc, c’est que, dans l’esprit libéral, le monopole n’est pas négatif. Le monopole serait l’aboutissement d’un long cheminement où le bateau a coulé les barques à côté pour obtenir le meilleur bateau possible.

Dans le domaine de l’IA, cette idée nous saute aux yeux. En effet, toutes les entreprises proposent sensible­ment le même produit. Fondamentalement, tous les LLM se ressemblent. Mais, dans un marché compétitif, il faut se différencier. On fait donc des ajouts presque ridicules .
(exemple : Mistral AI, qui paie une entreprise pour ajouter de la génération d’images dans son IA, parce que ça permet d’avoir cet avantage).
Mais, en même temps, on ne peut pas réinventer la roue. Du coup, on se retrouve obligatoirement avec une standardisation des produits .
(exemple : Mistral AI peut maintenant générer des images, mais tous les concurrents le peuvent aussi).

Dans l’esprit libéral, tout cela est une bonne chose : si les entreprises sont assez différentes, elles vont essayer de devenir meilleures ; et quand elles sont assez similaires, elles fusionnent. Mais c’est une vision très naïve de notre réalité. Dans les faits, l’IA ne progresse pas vraiment. Oui, les modèles sont de plus en plus puissants, rapides, etc. Mais, en même temps, les performances de l’IA restent mauvaises et, surtout, coûtent très cher en efforts pour un résultat toujours égal.

Exemple : demander à l’IA de générer un texte sur les nuages en 2023 nous donnera un texte sur les nuages. Trois ans plus tard, le résultat sera aussi un texte sur les nuages. Le but recherché par le projet IA est déjà accompli. De fait, les entreprises d’IA sont un peu désespérées de se démarquer avec un produit dont on a déjà fait le tour. Mais cela n’empêche pas de rêver d’un monopole où l’on aurait une super-IA qui aurait absorbé les autres et qui ne serait pas chère2.

L’IA et l’emploi : une équation paradoxale

Enfin, il faut parler de la relation entre l’IA et l’emploi. Comme la France mène depuis des décennies sa politique de désindustrialisation, notre économie est une économie de services. Seulement, un service peut, en réalité, être fait par tout le monde. De fait, beaucoup s’inquiètent de voir la fameuse IA remplacer certains métiers. En vérité, je trouve que cela crée une situation assez drôle. Puisque la réponse des gouvernements et de l’industrie est de dire qu’au contraire, l’IA crée des métiers. Ainsi, quand on regarde, il y a une grande politique de promotion de l’IA dans l’emploi, là où cela n’a aucun sens
(par exemple : mail récent de Pôle Emploi que j’ai reçu : « Formation Assistant chef de projet no-code »).

Le problème a déjà été exprimé plus tôt : ce sont des emplois précaires, qui sont en plus voués à disparaître, puisque le capitalisme veut, au final, une entreprise monopole de l’IA. De fait, les fameux « nouveaux emplois » de l’IA, dont on nous parle tant, ne sont que de la professionnalisation de la consommation d’IA, dans le but de la rendre mainstream.
En résumé, quand on vous dit que l’IA ne va pas vous remplacer et que vous devez juste apprendre à vous en servir, il faut comprendre : le capital veut vous remplacer par l’IA, et vous allez aimer ça.

L’IA, un choix économique discutable

Le pire, c’est que l’IA, dans la plupart des secteurs, est assez catastrophique. D’une part, il faut parler de l’image que renvoie l’IA : beaucoup voient l’IA comme le nouveau moyen de produire à moindre coût. Par exemple, les commerces qui génèrent des images en IA, des sites IA, des pubs IA, etc., donnent l’impression qu’ils ne veulent tout simplement pas investir un minimum dans leur image de marque. De fait, quand je vois des affiches IA, j’ai juste l’impression de voir une arnaque, et je me désintéresse du service. Le futur, c’est l’IA, au même titre que les objets en plastique à 2 € ont remplacé tout ce qui avait de la valeur dans nos vies. D’autant plus que l’IA n’est pas si avantageuse financièrement :

Un employé de service client répond en moyenne 700 mots en 20 minutes à un client. S’il travaille 8 heures par jour, il peut traiter environ 24 clients et produire 16 800 mots au total (en sachant qu’il y a des redondances, etc.), le tout pour environ 12 € de l’heure (SMIC horaire en France, qui pourrait donc être moins cher si on part à l’étranger).

Une IA peut techniquement répondre à plus de clients en même temps, puisque cela ne dépend que de la taille du serveur. Cependant, l’IA coûte en matériel, en entraînement/fine-tuning pour être efficace (tout comme un employé), sans certitude de résultats. Ensuite, il y a le prix au « token », qui n’est pas tout à fait égal à un mot. Donc, si on considère approximativement 1 000 tokens d’entrée + 700 de discussion, on a un coût de fonctionnement du modèle autour de 28 centimes de l’heure. Si on ajoute le prix de l’électricité et que l’IA est active 24h/24, on arrive à un coût horaire qui est un peu en dessous du prix de l’humain.

Cependant, si on regarde bien, pour quelques euros de plus, on a une bien meilleure satisfaction client, puisque le client parle à un humain et se sent donc considéré.

(NB : pour cette partie, j’ai fait des approximations et j’ai simulé une discussion de ce type avec une IA pour tester. De fait, mes chiffres sont très inexacts, et c’est surtout pour me donner une idée. De même, j’ai utilisé un modèle un peu vieux, parce que c’était plus simple pour le prix.)

Donc, côté entreprise, l’IA est vue comme très abordable financièrement, mais elle réalise des économies qui, finalement, sont très basses et qui vont endommager la réputation de l’entreprise sur le long terme. Côté client, l’IA est vue comme un moyen de faire marcher les choses à bas coût pour garder un maximum d’argent, en enlevant de la considération au client. De fait, une entreprise, de nos jours, n’a pas vraiment intérêt à remplacer toutes ses équipes par l’IA.

Conclusion : le LLM, miroir du capitalisme

En conclusion, l’IA montre la limite du capitalisme. D’une part, c’est une industrie qui se construit de façon immorale, voire illégale, mais des élites se persuadent que c’est l’avenir, donc on ferme les yeux. Ensuite, notre IA vit le libéralisme de face et détruit toute son économie pour essayer de créer un monopole dans un marché où tous ont le même produit. Le tout pour produire un service que les clients ne veulent pas et qui coûte relativement cher. Le tout sans avoir pensé une seule fois à l’impact écologique ou sociétal.
Il n’y a pas à dire : l’IA, ce n’est pas une bulle. L’IA n’est pas non plus le futur. Les LLM, ce sont juste une nouvelle industrie capitaliste dans toute son œuvre.

  1. c’est pour ça qu’on fait des lois qui violent la vie privée, mais pas des lois qui protègent contre le deep porn sur des enfants ↩︎
  2. ce qui n’existe jamais dans le capitalisme ↩︎

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
  • Plus
  • Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer
  • Partager sur Mastodon(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Mastodon
  • Partager sur Reddit(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Reddit
  • Partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
  • Partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
  • Partager sur Tumblr(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Tumblr
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn

Similaire

Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International
Catégories : Numérique Politique Société
Dernière mise à jour :10 mai 2026

goldenlib

Le seul et unique

< Article précédent

Commentaires sur l'article

razz evil exclaim smile redface biggrin eek confused idea lol mad twisted rolleyes wink cool arrow neutral cry mrgreen drooling persevering
Annuler la réponse

COPYRIGHT © 2025 goldenlib.fr. ALL RIGHTS RESERVED.