Bonjour
Que se passerait-il si tout le monde disparaissait de la surface de la Terre ?
Vous vous souvenez peut-être du film Seuls Two. Dans ce film, tout le monde disparaît de la surface du monde et il ne reste plus que les deux personnages principaux. Cette comédie d’Éric et Ramzy est certes très drôle, mais elle pose un petit problème de réalisme. Je me suis souvent posé la question : que se passerait-il vraiment si tout le monde disparaissait de la surface de la Terre ?
D’abord, il faut identifier la source de la disparition. En réalité, selon le contexte, c’est moins inquiétant qu’il n’y paraît. Si tout le monde disparaissait soudainement, il pourrait y avoir plusieurs raisons. Je pense qu’il faut donc différencier trois catégories : disparition volontaire, disparition involontaire et mort subite.
1. Les trois scénarios de disparition
La disparition volontaire
C’est la solution la plus simple : on peut se dire que l’humanité a décidé de quitter le monde. Dans certains films catastrophes de science-fiction, on voit généralement le cas où l’humanité abandonne la planète pour telle ou telle raison. Normalement, l’évacuation se fait doucement et de façon organisée. Si vous êtes le seul restant, vous avez peut-être raté le départ. Dans ce cas-là, vous éviterez sans doute quelques problèmes, mais vous risquez d’avoir du mal à trouver de la nourriture.
La disparition involontaire
C’est la pire situation : l’humanité a disparu sans qu’on sache trop où elle est passée. Dans ce cas-là, on est un peu plus dans l’ambiance de Seuls Two. Il faut se dire que l’humanité est sûrement en danger, mais on se demandera en premier lieu : « Pourquoi eux et pas moi ? » Le problème, c’est que si tout le monde est parti soudainement, il n’y a plus personne pour gérer les infrastructures. On risque donc d’avoir un très grand nombre de problèmes.
La mort subite
C’est un peu à double tranchant : tout le monde est mort soudainement. La réalité, c’est que les causes sont diverses, mais peuvent entraîner beaucoup de problèmes. La vitesse de la vague de mort est aussi un problème. C’est un peu comme dans Les Simpson, dans l’épisode « Treehouse of Horror VIII ». Tout le monde peut avoir été tué par une bombe nucléaire ou par une maladie. Selon la vitesse de la mort et la cause, les conséquences seront peut-être plus douces. Il faut globalement s’attendre aux mêmes effets que la disparition involontaire, avec des risques infectieux supplémentaires.
2. Les étapes de survie
En 2019, j’avais commencé à faire une liste de toutes les raisons qui pourraient faire que, soudainement, notre société s’effondre. Dans cette liste, je n’avais pas considéré la disparition involontaire. J’avais cependant envisagé la guerre nucléaire et les catastrophes nucléaires. Dans ce cas, si la cause est celle-ci, nous avons peu de temps pour réfléchir.
Première étape : identifier la situation
La première étape dans un scénario catastrophe est d’identifier ce qu’il se passe, et de le faire rapidement. Dans le cas où tout le monde disparaît, il faut le constater assez vite. Il faut rapidement classer la situation dans l’une des trois catégories afin d’établir un plan. Dans le cas d’une disparition involontaire ou d’une mort subite, la priorité est de se mettre en sécurité. Dans le cas d’une catastrophe nucléaire, on cherchera un abri antiatomique.
Deuxième étape : faire un stock de vivres
Il faut noter que, dans la situation de disparition volontaire, l’humanité partira sans doute avec les ressources. Dans ce cas-là, il faudra se débrouiller pour trouver à manger et à boire. On doit donc prévoir sur le long terme, puisqu’il faudra chasser ou cultiver.
Si la disparition est involontaire, il y aura plus de nourriture accessible, mais elle va rapidement se périmer. Dans cette situation, il faut chercher des aliments à haute valeur nutritionnelle et qui se conservent longtemps. Par exemple : les lentilles apportent beaucoup de fer et les conserves se gardent des dizaines d’années. Cependant, il faut tout collecter rapidement.
Troisième étape : assurer sa survie
Si personne ne gère plus les infrastructures (ou si nous sommes en guerre nucléaire), il est probable que le nombre d’accidents augmente. À cause du manque de main-d’œuvre, les systèmes qui en dépendent risquent de se dégrader rapidement. Les transports, notamment automatisés comme les métros, risquent d’entrer en collision et de provoquer des accidents. Dans ce genre de situation, si un tramway prenait feu et mettait le feu à d’autres, on pourrait voir une ville en flammes.
L’énergie sera aussi un problème :
- D’une part, si personne n’utilise plus l’énergie, on risque d’avoir des surtensions. Il faut donc s’attendre à voir les systèmes électriques s’arrêter ou prendre feu.
- D’autre part, les sources de production d’énergie vont devenir dangereuses. Normalement, depuis Fukushima, les centrales sont suffisamment sécurisées pour éviter les problèmes immédiats. Cependant, avec les surtensions du réseau, on peut s’attendre à des comportements inattendus des centrales nucléaires. De même, pour les barrages, si personne ne les ouvre ou ne les ferme au bon moment, avec le temps, on peut s’attendre à les voir se fragiliser et potentiellement céder. Enfin, si un accident survient dans une centrale, on peut prévoir une réaction nucléaire en chaîne.
3. Choisir un lieu stratégique

Il faut assez rapidement prévoir un lieu en hauteur pour compenser les raz-de-marée, et suffisamment éloigné de toutes les centrales nucléaires qui pourraient émettre des radiations. Cependant, dans ce choix stratégique, il faut aussi prendre en compte que, si personne ne gère plus les infrastructures, cela pourrait avoir un impact sur la météo. Sans les avions, il est probable qu’il fasse un peu plus chaud, mais sans les émissions de CO₂, il va faire plus frais. On peut donc s’attendre à voir la météo changer très rapidement, ce qui peut être un problème.
Enfin, bien que ce soit improbable, il faut prévoir le pire : une réaction nucléaire en chaîne ou provenant d’une bombe pourrait causer un « hiver nucléaire ». Autrement dit, il faut envisager un hiver très long, avec de la neige radioactive. Il faut donc se préparer à vivre confiné, car il n’y aura plus rien dehors qui survive et qui puisse nous aider.
4. Les aspects psychologiques
C’est un aspect souvent négligé. Dans un scénario dans lequel tout le monde disparaît, il faut devenir survivaliste, mais aussi penser au fait que l’humanité a créé ses propres dangers. On s’inquiétera d’abord des animaux ou de la perte de confort, mais le plus grand risque vient des conséquences de notre manière de produire l’énergie. Si nous ne dépendions que des éoliennes et des panneaux solaires, il n’y aurait qu’un black-out rapide, sans trop de conséquences. Cependant, à cause de notre mode de production actuel, la méthode la plus intelligente serait d’essayer de survivre en attendant que les centrales n’aient plus d’uranium et s’arrêtent naturellement. Comme c’est impossible, il vaut mieux espérer que les sécurités se mettront en route automatiquement lors des surtensions.
Les besoins psychologiques
Une fois les impératifs vitaux réglés, on peut considérer que les besoins physiologiques sont accomplis. Quand on n’a plus soif, plus faim et qu’on dispose d’un lieu d’hygiène, on peut s’occuper de la suite. On a donc un besoin de sécurité. Côté sécurité physique, on a normalement trouvé un abri dans les étapes précédentes. Cependant, on risque de tomber dans le danger psychologique.
Bien que je sois un grand fan d’isolement, il faut comprendre que les êtres humains ont besoin de lien social. Certaines études semblent indiquer que l’absence de conversation ou de lien social peut causer un ralentissement des capacités cognitives. Autrement dit, à force d’être seul, on peut commencer à désapprendre des comportements, avoir des hallucinations, des crises d’angoisse, développer des troubles mentaux, perdre la mémoire et, finalement, mourir. Cette conséquence est donc inévitable. On doit comprendre qu’on peut seulement ralentir ce processus, et c’est très important.
Pour préserver ses capacités cérébrales, il est recommandé de faire des jeux de logique et de mémoire. Pour réduire le manque de sociabilité, il est conseillé de lire et de regarder des films (tant qu’on le peut) afin de garder le cerveau capable de communiquer. L’ennui peut devenir fatal.
Le besoin d’appartenance
Une fois qu’on arrive à s’occuper, le besoin d’appartenance reprend le dessus. S’il n’y a plus personne, il n’y a plus d’affection, plus de groupes, plus de famille. À ce moment-là, il est temps de répondre aux questions suivantes : « Où sont passés tous les autres ? », « Reste-t-il d’autres personnes ? » et « Peut-on se réunir avec les autres ? ». Si on découvre que les autres sont tous morts, il faut comprendre comment et pourquoi, pour éviter la mort. S’il reste d’autres personnes, on augmente nos chances de survie en se réunissant. Enfin, dans le cas où tout le monde est parti, il faut essayer d’envoyer un message pour qu’on vienne nous chercher. Pour cette raison, un émetteur radio peut permettre la communication.
5. Rester optimiste
Enfin, il faut essayer de rester optimiste. Pour cela, il vaut mieux chercher à préserver un certain épanouissement. On peut combler le besoin d’estime en se disant qu’on a réussi à survivre longtemps, ou qu’on a réussi à survivre seul, ou encore qu’on est seul pour une raison. Pour le besoin d’accomplissement, on peut aller de pair avec la partie isolement : il faut trouver des loisirs. Par exemple, vous pouvez écrire vos mémoires et les souvenirs de la société pour laisser des traces de ce qu’il restait du monde d’avant. Il faut rester créatif.
Conclusion
Maintenant, vous devriez être prêt à affronter un monde où tout le monde a disparu. Cependant, cet article n’est pas un guide de survivaliste. C’est plutôt une manière de guider la réflexion sur les étapes de la disparition, car je trouve que les films sur le thème négligent trop l’aspect survie de la situation. Si vous vous retrouvez seul au monde, pensez à prévoir du matériel de survie et à devenir survivaliste.
Bonne chance, et on se retrouve rapidement j'espère parceque je suis seul la !



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