La semaine dernière, j’ai joué à Subnautica. C’était bien, mais j’ai remarqué quelque chose d’étrange dans ma bibliothèque Steam. Juste en dessous de Subnautica, j’avais quatre entrées intitulées Subverse. Intrigué, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une web-série. Cependant, celle-ci est si courte qu’il m’est impossible de l’ajouter à mon mediatracker. De plus, je ne peux plus la noter sur Steam, car la plateforme a décidé de supprimer les avis sur les vidéos. J’ai donc décidé d’écrire ma critique ici, comme je le fais habituellement.
Certains d’entre vous découvrent peut-être que Steam est aussi une plateforme de streaming. C’est pour cette raison que les trois épisodes de Subverse sont également disponibles sur YouTube. Étant donné leur brièveté, je vais les analyser un par un, en détail. Si vous ne souhaitez pas être spoilé, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Épisode 1
Ce qui saute aux yeux dès le début, c’est la réalisation. C’est difficile à expliquer : les fonds verts sont assez médiocres, mais en même temps, il y a un gros travail de motion design et d’effets spéciaux. En réalité, cela me plaît assez, car cela donne un côté artisanal et un peu surréaliste. Au départ, on n’est pas vraiment sûr de ce qu’on voit. Petit à petit, on comprend, mais ce n’est pas forcément évident. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais la narration est un peu étrange au début. Je pense que c’est volontaire, pour nous accrocher.
On découvre alors Max, qui travaille dans un bureau situé dans une sorte de métavers. En parallèle, il joue à un jeu dans lequel il incarne un tueur à gages. Je ne suis pas certain de savoir si nous sommes réellement dans un métavers ou si nous voyons le monde à travers le prisme de Max. En effet, celui-ci ne porte ni casque ni dispositif spécial pour la réalité virtuelle. Pourtant, on lui demande d’aller voir les ressources humaines, ce qui implique un déplacement dans ce monde virtuel.
C’est là que la science-fiction entre en jeu : la RH ne souhaite pas détruire sa vie comme le ferait une RH classique. À la place, elle lui propose un rendez-vous dans la vraie vie… à 4 heures du matin. Elle lui dit qu’elle aime bien son avatar, et il explique qu’il l’a créé à son image1. Elle ajoute qu’elle aime cela et que les gens choisissent des avatars pour se sentir plus beaux. Je crois que c’est là ma première déception : on avait l’occasion de développer un commentaire plus profond sur les personnes qui utilisent leur identité numérique pour se rapprocher de ce qu’elles veulent être. À la place, on a une séance de drague sans véritable engagement.
On se rend compte que Max n’a pas tout à fait dit la vérité, car son avatar est plus soigné que lui. En vitesse, il se prépare et part la rejoindre. Mais en la voyant, il panique et s’enfuit en courant. J’aime bien la problématique de la série, parce qu'elle aborde la question de la confiance en soi, plus grande derrière un écran. Dans sa frustration, Max rentre chez lui et observe la femme grâce aux caméras de surveillance publiques. Puis, il se réfugie dans le porno. C’est en réalité un bon commentaire sur l’un des effets du porno : Max s’enfonce dans le Subverse, une sorte de deepweb où il cherche des sensations toujours plus fortes.
La série parle de porno et d’alcool, mais comme c’est une production américaine, on censure le doigt d’honneur qu’il fait à l’antivirus. Toute la série est comme ça : on montre des femmes à moitié nues, mais il ne faudrait pas choquer en disant fuck. Je pense que cela en dit long sur les Américains, même si ce n’est pas fait exprès.
Épisode 2
Le deuxième épisode est plus court. Il commence très fort : dans le Subverse, le porno est si omniprésent que Max voit sa mère comme une femme blonde, très pornographique. J’aime bien l’idée de montrer que le porno lui donne des envies incestueuses involontaires. Je trouve qu’on ne critique pas assez la promotion de l’inceste dans la pornographie, et j’apprécie ce message. Ensuite, j’ai été distrait par les insultes censurées, alors qu’il voyait sa mère comme une prostituée.
Finalement, Max se réveille après une soirée alcoolisée devant son PC et découvre qu’il a dépensé 1 000 $ sans trop savoir comment. Pour l’instant, cela ressemble à n’importe quelle soirée d’incel devant son ordinateur. Il décide donc de consulter son historique et de chercher. Celui-ci est très épileptique, et il découvre qu’il est allé dans le bar 606 du métavers. On y apprend qu’il a rencontré un homme qui organise des lives pornographiques.
Cet épisode nous explique enfin l’intrigue de la série : on comprend que Max a dépensé l’équivalent de mon salaire pour obtenir du cuck porn avec la femme qui l’a dragué. La série a donc pour but d’empêcher cela, avec des délires épileptiques dans le métavers. Je dois avouer que cela m’intrigue. Il faut dire qu’il y a peu de séries qui osent aborder ces sujets. D’un côté, il y a la question de la vie sexuelle par procuration, et de l’autre, celle du revenge porn, puisque les femmes ne savent pas qu’elles sont filmées. On voit donc l’intérêt pour Max d’éviter cela. Je trouve même que les thèmes abordés sont audacieux. Il y a un côté très dystopique, mais en même temps, on se dit que c’est le personnage qui accepte ce monde.
Épisode 3
L’épisode dure deux minutes. Dans la première minute, Max a des regrets et panique un peu. Il interroge donc Windows Defender. En gros, il cherche à retrouver l’homme, mais personne ne sait comment le localiser. Finalement, Max se souvient que sa mère, qui travaille pour la défense, peut accéder à des informations. Il parvient à la convaincre (toujours habillée en strip-teaseuse) de lui donner l’adresse, puis il part.
Et c’est tout. Oui, finalement, l’épisode 2 ne nous apporte rien de nouveau. Et c’est également le dernier. Je sais que cela peut sembler perplexe, mais je vous rassure : la suite sera donc pire.
Épisode bonus
Avez-vous déjà vu l’épisode 8 de la saison 2 de Evil ? C’est la même chose. En gros, deux hommes pensent avoir trouvé Dieu dans une vidéo. Le plot twist final, c’est que tout ce qui se passe dans le court-métrage est une comédie destinée à encourager le spectateur à regarder la vidéo de Dieu. Si l’idée de base est amusante, elle n’a rien à voir avec les trois épisodes précédents, et on s’ennuie.
À la moitié, j’ai commencé à décrocher. On avait un super concept dans les épisodes précédents, et soudain, on se retrouve avec un truc hyper stéréotypé de série B. Je n’arrive même pas à prendre cela au sérieux, car je repense au sketch des Monty Python sur la blague la plus drôle du monde. C’est le même principe, sauf qu’au lieu d’être second degré, ici, c’est hyper sérieux. En plus, les interfaces des ordinateurs vieillissent très mal : on a l’impression de voir un truc du début des années 2000.
Que reste-t-il de Subverse ?
Steam a changé le fonctionnement de son lecteur pour se concentrer sur les jeux. Le créateur a donc réuploadé les trois épisodes sur YouTube. Un an plus tard, quelqu’un lui a demandé où était l’épisode 4. Il a répondu que cela arriverait bientôt. Nous sommes en 2026, et toujours rien. Il n’y aura jamais de suite.
La série n’a donc jamais connu de grand succès. De plus, elle est difficile à trouver, car elle porte le même nom qu’un jeu hentai de science-fiction sur Steam. Si vous cherchez des informations, vous tomberez souvent sur ce jeu porno.
Pourtant, la série a une certaine qualité. Je pense qu’elle aurait pu devenir un film. Mais il n’y a jamais eu de suite, et il n’y en aura jamais. À partir de là, il est difficile d’en dire plus.
Conclusion
Subverse, c’est une série qui avait de bonnes idées et une bonne exécution. Elle est morte à son troisième épisode, et nous n’aurons jamais la suite. Depuis 2019, il n’y a plus rien sur Instagram ni sur Patreon. Le site internet a été supprimé en 2025. C’est drôle de voir qu’une partie du site était consacrée à la promotion des fonds verts, alors que ceux-ci sont médiocres et que seuls les effets spéciaux sauvent le tout.
Je suis très déçu, car je pensais vraiment vous annoncer que j’avais découvert une super série de science-fiction gratuite sur Steam. À la place, vous avez 15 minutes de concept qui n’aboutira à rien et 20 minutes d’un court-métrage sans aucun rapport, très ennuyeux. Désolé.
- je le comprends ↩︎



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